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Anne: Difference between revisions
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Revision as of 12:19, 29 February 2008
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Anne qui se mélange au drap pale et délaisse Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts Mire ses bras lointains tournés avec molesse Sur la peau sans couleur du ventre découvert. Elle vide, elle enfle d’ombre sa gorge lente, Et comme un souvenir pressant ses propres chairs, Une bouche brisée et pleine d’eau brulante Roule le gout immense et le reflet des mers. Enfin désemparée et libre d’être fraîche, La dormeuse déserte aux touffes de couleur Flotte sur son lit blême, et d’une lèvre sèche, Tète dans la ténebre un souffle amer de fleur. Et sur le linge où l’aube insensible se plisse, Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin, Toute une main défaite et perdant le délice À travers ses doigts nus denoués de l’humain. Au hasard ! À jamais, dans le sommeil sans hommes Pur des tristes éclairs de leurs embrassements, Elle laisse rouler les grappes et les pommes Puissantes, qui pendaient aux treilles d’ossements, Qui riaient, dans leur ambre appelant les vendanges, Et dont le nombre d’or de riches mouvements Invoquait la vigueur et les gestes étranges Que pour tuer l’amour inventent les amants...