This is an archive copy of wikilivres.ca as of 18 February 2017 (from the WikiTeam dump). The original site is closed.

Page:Schlick - Sur le fondement de la connaissance.djvu/28

Free texts and images.
Jump to navigation Jump to search
This page has been proofread

critère sera mes énoncés personnels d’observation et je ne cesserai pas de répéter : « Ce que je vois, je le vois ! »


VI

Ces préliminaires critiques illuminent la voie devant nous conduire à la solution des difficultés qui créent les confusions : suivons la voie cartésienne sur les tronçons reconnus praticables ; mais attention à ne pas nous perdre dans le « Cogito » et les non-sens qui se réclament de lui. Rendons-nous un compte exact de la signification et du rôle qui appartiennent véritablement aux énoncés exprimant du « présentement observé ». Que traduit, en réalité, l’affirmation qu’ils seraient « absolument certains » ? Dans quel sens les peut-on déclarer fondement ultime de tout savoir ?

Examinons d’abord la seconde question. Imaginons que je note immédiatement toute observation, sur du papier ou dans ma mémoire, peu importe ; puis que j’entreprends là-dessus de construire la science. J’aurais bien devant moi de purs « énoncés protocolaires », de ceux qui figurent temporellement en tête de la connaissance. Les autres énoncés leur succéderaient progressivement par emploi du procédé dit « induction » et qui n’est rien de plus que ceci : incité par les énoncés protocolaires, je pose des propositions générales à titre d’essai (« hypothèses ») ; de ces propositions générales elles-mêmes je déduis d’autres propositions en nombre illimité, par voie logique. S’il arrive que ces autres disent la même chose que des énoncés traduisant ultérieurement des observations faites dans des conditions bien déterminées au préalable, sans que viennent à intervenir aussi des énoncés d’observation disant le contraire, je considérerai mes hypothèses comme valables aussi longtemps que