programmation ailleurs qu’à l’école seraient implicitement forcés d’acquérir eux aussi des licences, ce que nous ne pouvions pas accepter. Un autre grave inconvénient de ces produits propriétaires est qu’ils comportent de nombreuses « boîtes noires » dont on ne peut connaître le contenu. Leur documentation est donc incomplète, et leur évolution incertaine.
• Ce sont des langages spécifiquement liés au seul système d’exploitation Windows. Ils ne sont pas « portables » sur d’autres systèmes (Unix, Mac OS, ete.). Cela ne cadrait pas avec notre projet pédagogique qui ambitionne d’incusquer une formation générale (et donc diversifiée) dans laquelle les invariants de l’informatique seraient autant que possible mis en évidence.
Nous avons alors décidé d’examiner l’offre alternative, c’est-à -dire celle qui est proposée gratuitement dans la mouvance de l’informatique libre[1] . Ce que nous avons trouvé nous a enthousiasmés : non seulement il existe dans le monde de l’Open Source des interpréteurs et des compilateurs gratuits pour toute une série de langages, mais surtout ces langages sont modernes, performants, portables c’est-à-dire utilisables sur différents systèmes d’exploitation tels que Windows, Linux, Mac OS …), et fort bien documentés.
Le langage dominant y est sans conteste C/C++. Ce langage s’impose comme une référence absolue, et tout informaticien sérieux doit s’y frotter tôt ou tard. Il est malheureusement très rébarbatif et compliqué, trop proche de la machine. Sa syntaxe est peu lisible et fort contraignante. La mise au point d’un gros logiciel écrit en ClC++ est longue et pénible. (Les mêmes remarques valent aussi dans une large mesure pour le langage Java.)
D’autre part, la pratique moderne de ce langage fait abondamment appel à des générateurs d’applications et autres outils d’assistance très élaborés tels C++Builder, Kdevelop, ete. Ces environnements de programmation peuvent certainement se révéler très efficaces entre les mains de programmeurs expérimentés, mais ils proposent d’emblée beaucoup trop d’outils complexes, et ils présupposent de la part de l’utilisateur des connaissances qu’un débutant ne maîtrise évidemment pas encore. Ce seront donc aux yeux de celui-ci de véritables « usines à gaz » qui risquent de lui masquer les mécanismes de base du langage lui-même. Nous laisserons donc le ClC++ pour plus tard.
Pour nos débuts dans l’étude de la programmation, il nous semble préférable d’utiliser un langage de plus haut niveau, moins contraignant, à la syntaxe plus lisible. Après avoir successivement examiné et expérimenté quelque peu les langages Perl et Tcl/Tk, nous avons finalement décidé d’adopter Python, langage très moderne à la popularité grandissante.
- ↑ Un logiciel libre (Free Software) est avant tout un logiciel dont le code source est accessible à tous (Open source). Souvent gratuit (ou presque), copiable et modifiable librement au gré de son acquéreur, il est généralement le produit de la collaboration bénévole de centaines de développeurs enthousiastes dispersés dans le monde entier. Son code source étant « épluché » par de très nombreux spécialistes (étudiants et professeurs universitaires), un logiciel libre se caractérise la plupart du temps par un très haut niveau de qualité technique. Le plus célèbre des logiciels libres est le système d’exploitation GNU/Linux, dont la popularité ne cesse de s’accroître de jour en jour.