Chapitre XII
L’appartement de Pickford est tout ce qu’il y a de simple : deux pièces, salle de bains et une kitchenette qui donnent sur un interminable couloir d’un côté, une cour de l’autre. C’est au sixième étage d’un bâtiment en brique rouge et en béton, assez miteux. À l’intérieur, il y a un hall avec un portier qui roupille, des fauteuils rouges démodés, une plante verte et une cage d’ascenseur tarabiscotée qui vaut quand même mieux que l’escalier dont la moquette est usée jusqu’à la corde. En entrant, on voit tout de suite quel genre de tapins minables vivent là-dedans. Chez nous, les meubles sont probablement pareils à ceux des autres chambres, genre mobilier d’hôtel bon marché et démodé. Il y a deux divans, on pourra dormir, c’est l’essentiel.
Une fois entrés, on referme la porte et on s’installe. Ritchie a monté une valise toute préparée avec les trucs essentiels pour tenir dans un appartement : à boire, à manger, du café, des cigarettes, du savon, des serviettes et tous ces genres d’ustensiles. Je prends le whisky et l’eau gazeuse et je file dans la kitchenette pour nous en préparer des bien tassés, parce que dehors, il fait chaud, mais dedans, il fait plus que chaud. Il y a un frigidaire et il est branché, ça va, on aura de la glace.
Je reviens avec trois verres sur un plateau. Ritchie est assis et il surveille la souris qui ne dit rien et regarde ailleurs en se bouffant les ongles. Ça, psychanalytiquement, c’est très mauvais… Je tombe la veste.
– Vous devez avoir trop chaud, je dis à la fille. Enlevez votre tailleur.
Elle me regarde. Elle a de jolis yeux, cette fille. Elle est dans une rogne…
– Mais oui, dit Ritchie, enlevez donc votre tailleur. Au fait, est-ce qu’on pourrait savoir votre nom ?
– Allez vous faire mettre, bande de maquereaux, elle nous dit.
– Faut pas renverser les rôles, dit Ritchie. S’il y a quelqu’un ici à qui ça va arriver, c’est pas nous.
Elle est un peu soufflée.
– Vous n’allez pas recommencer ?
– Ça nous gênerait ! dit Ritchie.
Je m’étrangle en buvant mon highball et je vais jusqu’à la cuisine. Là, je cesse de tousser parce que je n’ai pas du tout avalé de travers, c’est un prétexte et je m’enfile en vitesse une demi-douzaine d’œufs crus. Si Ritchie a l’intention de soigner le travail, faut pas que je risque d’avoir une défaillance. Et les œufs crus, on prétend que c’est souverain.
Je reviens. Ritchie parle.
– Faut vous mettre dans la tête, ma cocotte, que nos méthodes sont aussi efficaces que celles de la police. Quand vous aurez fini avec nous, vous regretterez le troisième degré. Comment vous appelez-vous ?
– Si je parle, vous me laisserez tranquille ?
– Sûr, dit Ritchie.
– Et si je ne parle pas ?
– On vous met à poil et on vous passe sur le corps jusqu’à ce que vous changiez d’avis.
– Alors je parle, elle dit.
Et elle se marre. Quand même, le ton a changé. Je pense que si elle nous a traités de maquereaux tout à l’heure, c’était un vieux reste de colère et qu’elle est en train de se rendre compte de la situation.
– Allons, dit Ritchie, faites pas l’andouille. On vous a fait qu’une petite partie de ce qu’on peut vous faire.
– Petite ? elle dit. Ben, vous êtes modeste, vous, alors.
Ritchie rougit. Elle boit son highball.
– Écoutez, elle fait, vous êtes trop mignons, tous les deux. D’abord, vous n’avez pas du tout l’air de filles et vous devriez enlever ces horreurs que vous vous êtes collées sur le dos. Jamais une vraie fille n’aurait eu si mauvais goût.
– D’accord, dit Ritchie, on va les enlever. Mais faut nous dire qui vous êtes. Vous vous rendez compte qu’on n’a pas encore fait les présentations.
– Je travaille pour Louise Walcott, elle dit.
– Ça, on le sait, je fais.
– Écoutez, elle continue, je suis pas intéressante à fréquenter, mais vous m’avez eue parce que c’est la première fois que… euh… qu’on me fait ça comme ça… alors ça m’a chambardée, et je lâche le paquet… mais il y a une condition. Si je vous raconte ce que je connais, vous me gardez ici.
– Oui, je fais. De toute façon.
– Et vous me… euh…
– Tous les soirs, dit Ritchie.
– Tous les deux ? elle fait.
– Oui, je dis, mais l’un après l’autre parce qu’on n’est pas des cochons.
– Bon, elle dit. Alors, si on se mettait à l’aise ? Je m’appelle Sheila Sedric.
– Salut, Sheila, je dis.
Et Ritchie ajoute :
– Moi, c’est Richard et lui Francisco.
– Alors, asseyez-vous, dit Ritchie.
Elle s’assied à côté de lui mais pas tout près. Et je suis en face d’eux sur une chaise.
– Passez-moi mon sac, elle dit, je veux me repoudrer le nez. Vous m’avez fait faire un drôle de sport.
On lui passe, elle l’ouvre, et avant qu’on ait le temps de faire quoi que ce soit, on a un gros feu sous le nez et elle se lève. Pour des c… on en est.
– Bougez pas, mes coquins, elle dit. Bande de pourris… vous vous imaginiez que ça allait se passer comme ça ?
J’ai les mains crispées sur mon fauteuil et je m’aperçois de quelque chose… je ne vous dis pas encore quoi.
– Je vais pas vous tirer dessus, elle dit, parce que je préfère que Louise s’en occupe elle-même… mais quand vous serez passés par ses pattes, vous pourrez toujours arrêter les femmes sur la route… Elles risqueront plus rien… là, vous pourrez vraiment vous habiller en gonzesses.
Sûr et certain qu’elles se rendent pas compte. Cette idée de perdre son temps à bavarder comme ça au lieu de ficher le camp pendant qu’elle peut. Parce que moi, je vais opérer… le truc de mon fauteuil, je vous le confie maintenant, c’est le bras qui est détaché… en une fraction de seconde, je le lui balance sur la main droite. Elle hurle et le pétard tombe par terre. Ritchie l’a ramassé avant que j’aie fait ouf. Il le décharge et l’empoche. La fille se tient la main droite dans la main gauche et elle pleure. Je m’amène, je la calotte sec, à droite et à gauche, et je la pousse sur le divan. Elle s’effondre.
– Et boucle-la, je lui dis. Pas de scandale ou on t’endort.
N’empêche qu’on s’est fait avoir comme des bleus. Sans ce fauteuil cassé, on était bons pour remettre ça à zéro. Pendant que Ritchie surveille la fille, je prends le sac à main et je fouille. Rien, naturellement. Un permis de conduire au nom de Donna Watson.
– Allons, dit Ritchie, on recommence. Comment tu t’appelles ?
– Je vous l’ai dit, elle grogne.
– Sheila Sedric ?
Elle dit rien. Je m’amène et sans élan, je lui remonte le blair d’une bonne baffe. Elle s’y attendait pas et, pour la première fois, elle a vraiment l’air d’avoir peur.
– Le prochain coup, tu saignes du nez, je dis. Comment tu t’appelles ?
– Donna Watson.
– Ça a aucun rapport avec Sheila Sedric, je remarque. Est-ce que c’est le bon ?
Je lève la main, elle a un geste de recul.
– C’est le bon, elle dit.
– Où est Louise Walcott ?
Pas de réponse. Je change de main. Ce coup-ci, le sang commence à couler. Elle essaye de prendre un mouchoir pour se tamponner le blase.
– Laisse ça, je lui dis. On lavera. On n’a pas fini. Où est Louise Walcott ?
– Cinq milles plus loin que l’endroit où vous m’avez arrêtée, elle fait. Après Weaver Road, on tourne à gauche sur Falls Road, et à droite, la première, je sais pas son nom. C’est une maison dont on voit le toit de la route au milieu d’un bois d’ormes.
– C’est sûr ? je dis.
– Je vous jure, elle répond.
Elle parle du nez parce que le sang lui obstrue un peu les conduits.
– Essuie-toi maintenant.
Je lui lance un napperon qui traîne et elle s’efforce de réparer le dommage. Son tailleur est plein de sang.
– Qu’est-ce que tu fais chez Louise Walcott ?
– Je fais ci et ça. Un peu tout.
– Des détails, je dis, où je te fous des coups de corde sur les cuisses.
– Je fais des liaisons. Aujourd’hui j’avais été chez Gaya Valenko pour prendre un paquet qu’on devait remettre avant cinq heures.
– Combien vous êtes chez Louise ?
– Des bottes, elle dit. Et on vous aura, bande de maquereaux.
– T’as déjà dit ça, je remarque. Comment est-ce que Louise tient Gaya ?
– Je sais pas.
Je la soulève d’une main et je lui arrache sa jupe de l’autre. Je suis normalement costaud, mais une fois en rogne, ça va encore nettement mieux. Elle ose même pas bouger.
– T’es prête, comme ça, je dis. Ritchie, passe-moi ta ceinture.
– Je vais perdre mon froc, dit Ritchie.
– Ça ne fait rien, je dis. Après tu pourras lui en faire prendre un peu… ça la changera.
– Salauds ! Assassins ! Cha…
Ça devait être charognes, je suppose, mais ça se perd dans ma main droite. Elle essaye de me mordre mais elle peut pas l’ouvrir assez grande pour mes paluches mignonnes.
Je la retourne, les fesses en l’air, et Ritchie commence à cogner dessus.
– T’es pas à plaindre, je lâche. On te fout la dérouillée avec une ceinture de croco, un luxe.
Elle se tortille comme un ver. Ça fait des raies rouges sur ses fesses, et à mon avis, c’est très original.
– Plus à gauche, Ritchie. Y a un coin encore tout blanc.
Elle écume, mais comme elle a la figure dans les coussins du divan, ça s’entend pas trop. À quinze coups, Ritchie s’arrête.
– Ça va comme ça, il dit. Y a déjà une bonne vaso-dilatation dans l’ensemble et nous n’irons pas jusqu’au traumatisme local.
À mon avis, c’est un charabia pur et simple. Je lâche la fille. Elle se relève, elle est dans une colère incroyable, elle a les yeux flamboyants, elle transpire, elle est décoiffée. C’est très mignon, une femme dans cet état-là, surtout quand elle a juste ses bas et une veste de tailleur assez courte. Elle s’apprête à gueuler, mais je lève la main. Elle gueule… pas longtemps. Je la recolle sur le divan, dans la même position qu’avant, à plat ventre.
– Tant pis, je dis, elle l’aura voulu. Vas-y, Ritchie. Comme dans la Bible.
Ritchie hésite. Et pis il se marre. Il passe dans la kitchenette, revient avec une bouteille vide et lui pose délicatement sur les fesses. Je me marre tellement à mon tour et elle gigote si fort qu’elle m’échappe et avant que j’aie eu le temps de me remettre, elle me colle une de ces dégelées de coups de poing !… Elle se retourne et voit Ritchie, écroulé de rire. Alors, elle s’arrête et elle chiale comme un gosse, en mettant son bras devant sa figure.
– Laissez-moi, elle dit. Je suis une fille moche et une sale garce, mais ne vous moquez pas de moi comme ça. Je recommencerai pas. Ils m’ont forcée.
Ça m’embête. C’était bien plus commode quand elle était en colère. Je me relève et je la prends par le bras.
– Bon, je dis. Viens te laver la figure par là et puis on va causer gentiment.
Elle me suit et je l’entraîne dans la salle de bains. Je lui enlève sa veste qui est couverte de sang, je lui lave la figure, je la coiffe. Elle a froid. Je demande une robe de chambre à Ritchie et il me passe un peignoir de bain qu’il trouve dans la valise. Je sais pas comment elle a froid par cette température, nous deux, on crève positivement. Ça doit être la réaction. Dans son cas. Dans le nôtre, c’est le soleil, qu’est-ce que vous voulez, on est normaux.
Je la ramène dans l’autre pièce, elle est tout de même plus présentable, Ritchie retourne préparer trois autres highball et on se les tasse, elle pour se réchauffer et nous pour nous rafraîchir. Tels sont les effets contradictoires de l’alcool sur l’organisme humain, dirait Ritchie.
– Alors, comment est-ce que Louise est arrivée à tenir Gaya ? je demande.
– C’est dans une party, elle dit. Louise Walcott a son frère dans la bande. Son frère et deux ou trois copains à lui. Vous savez que son frère est pas très…
– Pas très viril, je lui souffle.
– Enfin, elle dit, il aime les garçons. Et elle se sert d’eux pour ramasser les filles parce qu’ils sont bien physiquement et qu’ils connaissent des tas d’autres garçons dans la bonne société d’ici, et que ça sert d’introduction pour aller partout. Alors, un jour, ils ont saoulé Gaya à mort en se mettant à plusieurs. C’est pas difficile de faire boire une fille, il suffit de lui dire qu’elle tient pas le coup et elle veut prouver qu’elle le tient.
– Les garçons font comme ça aussi, je dis.
– Je sais pas, elle répond, moi je connais que les femmes. Enfin donc ce jour où Gaya était bien ronde, chez un des amis de Richard, elle a été malade comme un cochon, alors ils ont été tout plein gentils pour elle, ils l’ont soignée et sous prétexte de la remettre, ils l’ont piquée. Forcément, elle s’est sentie bien et elle a pris goût au truc. Et au début, ce que Louise voulait, c’était surtout la fille elle-même, un passe-temps comme ça, mais quand elle a un peu mieux su qui c’était et que son père avait une galette révoltante, elle a eu l’idée de la faire épouser par Richard, pour palper le pèze sans danger.
– Cette Louise est une vraie vache, je dis.
– Oui, elle répond, mais je vous jure qu’elle fait drôlement bien l’amour.
– Oh ! je dis, elle peut rien vous faire qu’on ne puisse pas faire aussi, et en plus, on a d’autres possibilités.
– Je sais, elle dit, et elle regarde Ritchie d’un air comme ci comme ça.
– Et qu’est-ce qu’elle fait d’autre que l’amour, Louise ? demande Ritchie. Je suppose qu’elle travaille dans la drogue ?
– Un peu dans tout, dit Donna. Elle m’a pas tout dit. Je suis un sous-ordre. Je sais qu’elle a pas mal de copains dans la politique. Des copines aussi. Des femmes de sénateurs, de vieilles grues, des sinoques de tous les genres.
– Bon, je dis. T’es une bonne fille. Quel devait être le prochain coup ? Après Gaya ?
– Je sais pas, elle dit. Sincèrement. Il y a d’autres affaires en train mais j’ai pas de détails.
– Une petite histoire de bombe atomique ? je propose. Des tas de gouines comme ça, ça doit bien espionner un brin ? Faut en profiter, si on garde la tête froide avec les hommes.
Elle la boucle.
– Enfin, je conclus, pour l’instant, on te garde. Après tout, y a rien de pressé. Tu vas crécher chez nous. Aie pas peur, on te touchera pas. Nous, au fond, on préfère les vraies.
Elle répond pas un mot.
– Je vais préparer le dîner, elle dit.
– Bonne idée, fait Ritchie.
Lui et moi, on a pas besoin de parler pour savoir que, ce soir, c’est trop tard pour s’embarquer sur du nouveau. On verra ça demain.
Donna passe dans la cuisine et elle se met à tripoter des casseroles, en pestant parce que tout est dégueulasse. Cette souris a un langage de corps de garde.
Je ne sais pas ce qu’elle fabrique, mais ça sent bon. Au bout d’un quart d’heure, que Ritchie et moi on emploie à se tourner les pouces en ellipse, suivant la méthode des Péruviens, elle réapparaît à la porte.
– Voilà, elle dit. Y a des spaghetti et des œufs au jambon, et vous les boufferez à la cuillère, parce que j’ai pas trouvé une seule fourchette.
– Ça ira, dit Ritchie. Moi, j’ai tellement faim que mes doigts me suffiraient.
Je débarrasse la table d’un revers de main et elle apporte une poêlée d’œufs au jambon qui fument délicieusement.
On s’attable. Ça fait un drôle de trio. Ritchie et moi toujours en filles et elle dans un peignoir de bain à cordelière rouge. Elle a la figure enflée là où j’ai tapé et elle fait attention en s’asseyant. J’ai un peu honte, mais si je l’avais pas fait on en serait encore au même point. Au fond, je suis sûr que ce qui lui a manqué, c’est un paternel qui lui file la trempe de temps en temps.
On bavarde tous les trois comme de vieux amis et on se retape des highball parce que c’est sûrement la boisson la plus saine qu’on puisse trouver dans toute l’Amérique.
Et puis c’est le moment de se mettre au page. Si vous vous souvenez, il y a deux divans dans cette piaule. Mais il est pas question qu’on perde de vue notre petite Donna… on a beau s’aimer bien, ça pourrait la reprendre, l’envie de filer.
Je tire les pages l’un contre l’autre et je mets les matelas en travers. Ça fait un seul grand lit. Ritchie prend des draps et commence à tout arranger.
– Voilà, je dis. Vous au milieu et nous des deux côtés.
Elle proteste.
– Oh ! vous attigez, quand même. Je croyais que c’était fini, ces histoires-là.
Moi, je me rappelle que je me suis envoyé six œufs crus tout à l’heure parce que je pensais que ça allait me servir, et j’ai idée que les œufs crus, c’est bourré de vitamines et d’hormones, à en juger par mes intentions présentes.
– On vous effleurera même pas, je dis. On va dormir comme trois petites sœurs. Demain, y aura sûrement du nouveau, et il faut qu’on soit en forme.
Elle pipe pas et passe dans la salle de bains pour se préparer. Nous, on se déshabille. On a des pyjamas, en soie rouge pour Ritchie, en soie jaune pour moi, ça chante, c’est beau comme tout. Je sais pas s’il a les mêmes goûts que moi, mais lui aussi ne met que la veste. J’aime bien le contact des draps sur les jambes.
Donna se ramène. Elle a relevé ses cheveux, elle a l’air d’avoir seize ans. Elle a le peignoir de bain sur elle.
– J’ai pas de pyjama, elle dit. Je peux pas dormir comme ça.
– Enlevez le peignoir, dit Ritchie. On vous tiendra chaud.
– C’est que j’ai plus rien dessous, elle dit.
– Ça va, je réponds. On ferme les yeux. Passez.
Elle éteint et m’enjambe. Elle se met entre nous deux. Il fait noir, il y a un tout petit peu de lumière dans la cour, on voit rien qu’un carré vague du côté de la fenêtre. J’entends la respiration de Donna. Elle bouge pas, mais elle dort sûrement pas. Au bout de dix minutes elle commence à protester.
– J’ai trop chaud, elle dit.
Je flanque les couvertures en l’air d’un coup de pied et Ritchie aussi, ce qui fait qu’on est étalés tous les trois côte à côte avec rien qui nous gêne. Cinq minutes se passent et puis elle se met à bouger tout doucement. Elle se tourne du côté de Ritchie ; je commence à m’habituer à l’obscurité et je la vois vaguement. Ritchie reste immobile.
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Comme ça, tout le monde est content. N’empêche… Vous allez me dire que tout ça, je vous le raconte par vice et que ça n’aide en rien au développement de l’histoire… Mais c’est les à-côtés du boulot et je commence à comprendre pourquoi il y a tant de flics, privés ou non.
Et puis ça met de la couleur locale…