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Chapitre 1 - À l’école des sorciers




La démarche du programmeur

Comme le sorcier, le programmeur compétent semble doté d’un pouvoir étrange qui lui permet de transformer une machine en une autre, une machine à calculer en une machine à écrire ou à dessiner, par exemple, un peu à la manière d’un sorcier qui transformerait un prince charmant en grenouille, à l’aide de quelques incantations mystérieuses entrées au clavier. Comme le sorcier, il est capable de guérir une application apparemment malade, ou de jeter des sorts à d’autres, via l’internet.

Mais comment cela est-il possible ?

Cela peut paraître paradoxal, mais comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, le vrai maître est en fait celui qui ne croit à aucune magie, aucun don, aucune intervention surnaturelle. Seule la froide, l’implacable, l’inconfortable logique est de mise.

Le mode de pensée d’un programmeur combine des constructions intellectuelles complexes, similaires à celles qu’accomplissent les mathématiciens, les ingénieurs et les scientifiques. Comme le mathématicien, il utilise des langages formels pour décrire des raisonnements (ou algorithmes). Comme l’ingénieur, il conçoit des dispositifs, il assemble des composants pour réaliser des mécanismes et il évalue leurs performances. Comme le scientifique, il observe le comportement de systèmes complexes, il crée des modèles, il teste des prédictions.

L’activité essentielle d’un programmeur consiste à résoudre des problèmes.

Il s’agit-là d’une compétence de haut niveau, qui implique des capacités et des connaissances diverses : être capable de (re)formuler un problème de plusieurs manières différentes, être capable d’imaginer des solutions innovantes et efficaces, être capable d’exprimer ces solutions de manière claire et complète. Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, il s’agira souvent de mettre en lumière les implications concrètes d’une représentation mentale « magique », simpliste ou trop abstraite.

La programmation d’un ordinateur consiste en effet à « expliquer » en détail à une machine ce qu’elle doit faire, en sachant d’emblée qu’elle ne peut pas véritablement « comprendre » un langage humain, mais seulement effectuer un traitement automatique sur des séquences de caractères. Il s’agit la plupart du temps de convertir un souhait exprimé à l’origine en termes « magiques », en un vrai raisonnement parfaitement structuré et élucidé dans ses moindres détails, que l’on appelle un algorithme. Considérons par exemple une suite de nombres fournis dans le désordre : 47, 19, 23, 15, 21, 36, 5, 12 … Comment devons-nous nous y prendre pour obtenir d’un ordinateur qu’il les remette dans l’ordre ?

Le souhait « magique » est de n’avoir à effectuer qu’un clic de souris sur un bouton, ou entrer une seule instruction au clavier, pour qu’automatiquement les nombres se mettent en place. Mais le travail du sorcier-programmeur est justement de créer cette « magie ». Pour y arriver, il devra décortiquer tout ce qu’implique pour nous une telle opération de tri (au fait, existe-t il une méthode unique pour cela, ou bien y en a-t -il plusieurs ? ), et en traduire toutes les étapes en une suite d’instructions simples, telles que par exemple : « comparer les deux